mardi 6 janvier 2009
The light that never goes out
Toute excuse est bonne pour ne pas réviser, du changement de couleur ici au gâteau dans la cuisine. Actuellement, tout très étrange. A son bras, tout paraît plus beau. Je suis retombée sur une note qui parlait d'un baiser à l'Hôtel de Ville (période Doisneau, première année de fac) mais finalement l'Opéra, la ligne huit, la ligne quatre, les couloirs de la Sorbonne, il n'y a pas besoin de vouloir un lieu précis. Hier donc il neigeait, j'ai ouvert la porte en riant et je passe de si jolis moments. Les pavés glissant quand je lui ai souhaité une bonne année, les statues recouvertes, leurs sourires à midi, les bises dans le couloir, l'étreinte à dix-sept heures quand petite-soeur-de-cœur est rentrée du collège, la carte d'Amsterdam posée sur le bureau, les flocons sur manteaux et écharpes, je n'aurais pas dû me moquer ça glisse beaucoup plus en Converse, ce sourire idiot ne me quitte pas. La nouvelle Kenza est "super cool" (sic.) mais j'aimerais bien qu'elle retrouve l'envie d'étudier, elle sera alors parfaite.
vendredi 2 janvier 2009
Mais non la police n'est pas trop petite
S'il fallait prendre des bonnes résolutions ça concernerait :
- Lui, d'abord,
- les amies, les quelques qui se comptent sur les doigts de la main depuis toutes ces années, qui après avoir tout entendu tout supporté vont être contentes que j'arrête de me lamenter
- les copains-copines, qui comptent moins mais qui deviendront peut-être les amies de demain
- eux, je ne sais pas trop, je crois maintenant qu'ils ne changeront pas
- avoir la licence, ne pas trop rater mes partiels de lettres, briller toujours en anglais
- faire ce mémoire sur Beauvoir
- fêter mes vingt ans comme il se doit
Il faut continuer tout ce qui a commencé depuis quelques mois, mais en laissant cette procrastination. Vivre, enfin.
mardi 30 décembre 2008
Ask me I won't say no how coud I?
Plus rien ne paraît grave, ni le chèque perdu, ni les partiels pas révisés. Il faut vivre, vivre, vivre. Les flocons de neige sur le manteau et le sourire qui ne part pas, le parapluie beige tenu pas assez haut qui me cogne la tête sous la grêle. Leurs histoires étaient trop drôles, et j'admire doucement comment les voisines de classe sont devenues des amies fidèles. Deux fois j'ai été interpellée par les mères des petits de l'association, l'une a été adorable, tu nous manques, je réclame tout le temps après toi. Toute cette chaleur humaine - et la sienne, surtout. Tant pis pour les insomnies, la paperasse de la banque, la mauvaise humeur du père.
Enfin, enfin, la chanson dans son intégralité. It's a new dawn, it's a new day, it's a new life for me and I'm feeling good.
dimanche 28 décembre 2008
Lovely thoughts
Parce qu'il faut aussi dire les (fugaces) moments d'optimisme : je ne sais pas comment elle commencera, mais 2009 sera un grand cru. En fait, elle commencera dans une ville de banlieue, RER E, avec presque que des inconnus. Incorrigible, je réfléchis déjà à la robe que je porterai, et cette perspective de vivre enfin comme une jeune de mon âge m'enthousiasme follement.
Si j'étais astrologue pour Elle je dirai que je suis née un 29, et que 2009 commence par 2 et finit par 9. Comme je ne le suis pas, je me contente de sautiller partout.
samedi 27 décembre 2008
Garibaldi
Je me disais dans le bus que cette petite chambre contient toute mon adolescence. L'arrêt Gérard de Nerval m'a fait aussi mal au coeur que dix-huit mois (seulement ?) plus tôt, il ne mérite pas trois pans de verre sous un pont du périph, ni d'être vulgarisé pour des L3 en amphi Champollion le mardi soir. Mais la petite chambre, donc. Les meubles ont bougé, les peintures ont changé, l'ordinateur rame, les cookies sont un peu raté (mais très bons quand même) ; je regarde, pince, chatouille, ris. Gratter les cordes des guitares, boire du jus d'orange, parler toujours des mêmes gens mais en ajouter de nouveaux à la conversation, les billets d'Eurostar bientôt en poche. En sortant du lycée, je ne croyais pas qu'on tiendrait aussi longtemps. St Georges - Marcadet, et un sentiment de sérénité.
mardi 23 décembre 2008
Dell'arte
Je n'arrive pas à apprécier les fins d'année. Tous mes efforts se tendent vers le 1er janvier et ses fausses promesses de renouveau, mes décisions et certitudes se reflètent derrière un miroir sans tain. Banlieue nord, banlieue sud, Mairie de Clichy Porte de Choisy, je lis Shakespeare à voix haute dans le métro et ses mots me restent dans la tête.
Je joue mon personnage à la perfection. Il n'y a plus de vérité, je m'étais mise à croire mes propres mensonges. Mais maintenant, la vérité pèse trop lourd. La jalousie à petit feu. Je veux retrouver cette unité, cette constance, quand je me regardais sans rougir et sans faux semblants, où je ne réfléchissais pas pour que chaque acte, même le plus minime, ait une conséquence. Mais cette fille-là, c'est moi quand même. Je ne l'aime pas toujours.
Faire la synthèse de mes constituants est trop difficile, j'échoue un peu plus chaque jour.
samedi 20 décembre 2008
Not about love
C'est terminé.
Les nuits de quatre heures, les copies presque blanches et les autres numérotées 1/3 2/3 3/3, la mort de Carmen, les relations franco-anglaises au Moyen Age, la traductologie (trois mois plus tard je ne sais toujours pas ce que c'est)
Quand je déprime, je lis les commentaires du 17 en disserte, et le 5 sur 20 je vais le mettre à la poubelle.
Marie est arrivée avec un grand gobelet Starbucks mercredi matin, ils sont plein de petites attentions parce que je suis devenue une petite chose fragile qui ferme beaucoup les yeux et qui rit nerveusement. Pourtant à 18h j'ai monté les quatre étages plus vite que l'ascenseur. Les goûters géants, les brainstorming à une heure du matin, les regards suffisent pour se comprendre.
Et je suis presque triste d'être en vacances, quand ils rentrent dans leur famille. En janvier il faudra recommencer.
jeudi 11 décembre 2008
Black-out
Jean troué (mais t'es pas en jupe ? t'as des pantalons dans ton armoire ?) cols de chemise main dans les poches. Retrouver la meilleure copine de primaire, parler deux heures avec ces inconnus devenant si familiers. Cinq heures de sommeil et une addiction au café plus tard il y a des bonnes notes sur les copies, de futures mauvaise sur d'autres, éplucher des clémentines pendant que la prof parle des Diaboliques, l'effet qu'a eu la fugace neige, le froid dans la galerie Bernard, les livres, juste la rue Saint Jacques à traverser, des rires, des larmes prêtes de couler, cette jolie bulle qui ne doit pas éclater.
Et pourtant, pourtant je repousse les échéances les versions la littérature j'ai seize partiels à passer et le découragement se fait trop grand.
mardi 9 décembre 2008
Que j'écrive ?
Que j'écrive les mots qui viennent en anglais sans réfléchir, les fautes de français dans les copies, le vingt sur vingt en civilisation britannique, l'insupportable question "mais au fait, pourquoi tu es en double cursus ?"
La réponse serait.
Pour faire deux fois cinq pages word de dissertes, pour multiplier les heures de veille, pour réviser la Constitution américaine en écoutant Dido & Aeneas, pour parler si spontanément aux gens, pour se moquer d'autres gens, pour le chocolat viennois de la rue de l'école de médecine, pour les livres, pour retrouver cette joie d'être la meilleure, pour les messages facebook à minuit parce qu'on rame sur notre commentaire, pour cette sentation de groupe, pour les rendez-vous dans la cour d'honneur, pour Racine, Baudelaire et Shakespeare, pour le sac trop lourd, pour le cerveau vide.
Vendredi en amphi C*uchy je n'avais rien à écrire sur ma feuille de stylistique, mes voisins n'arrêtaient pas, lundi en amphi M*chelet mal de dos et copies doubles sur la réécriture de l'Apocalypse. Mes cours me prennent tout mon temps, le reste est occupée par les fameux chocolats viennois et la parenthèse de samedi soir, trois fois j'ai emballé des livres dans un papier gris et trois fois je me suis excusée de ne pas savoir faire les papiers cadeaux. Il reste sans compter aujourd'hui huit jours de cours, cinq contrôles et un partiel, on discutait au milieu de la rue du Paradis Perdu et on me drague beaucoup trop. Les sensations sont pourtant engourdies par le froid, encore un peu.
lundi 1 décembre 2008
You could lean on me.
Je ne compte plus.
Ni les cours séchés, ni les cafés, ni les fous rires, ni les déjeuners, ni les mauvaises notes, ni les bonnes, ni les appréhensions, ni les livres, ni le temps, ni les sourires, ni les bonjour, ni les films, ni les pages de dissertations.
Le Gaffiot trop lourd dans les bras, les rires de mercredi soir ont été salvateurs. J'ai été bête de croire que je ne m'y plairais pas quand chaque jour dit le contraire.
