dimanche 4 février 2007
Romanesque. J'aime pas ce que j'écris.
Tu me parlais d'amour. C'était il y a longtemps, j'ai même oublié quand exactement. Les journées se ressemblaient toutes, le soleil dans les rues quand j'allais te rejoindre, les cinquante-cinq marches pour descendre sur le quai du métro, trois coups tapés contre la porte. Je ne comprenais pas tout ce que tu disais, j'étais beaucoup trop jeune.
Tu me parlais d'amour. On s'asseyait sur ton canapé blanc, on poussait les affaires qui s'y trouvaient en riant. Je contemplais tes yeux, ta bouche puis tes mains, tes mains, ta bouche puis tes yeux. Je ne me lassais pas. Je me taisais pour mieux t'écouter, c'était l'éternité, mais déjà passée.
Tu me parlais d'amour. Tu me racontais tes amours enfantines, celles plus tardives et aussi de celles à venir. Tu m'expliquais qu'elles étaient blondes, ou brunes, souvent jolies et rarement satisfaites. Tu ajoutais que les relations étaient de toutes façons vouées à finir, mais que tu voulais te marier, pour rendre ta mère fière.
Tu me parlais d'amour. Je te regardais en t'attendant, tes mains me frôlaient parfois, jusqu'au jour sur le quai où tu m'as embrassée. Tu m'avais attrapé le visage, m'avait demandé ce qui n'allait pas - toi. Je ne parvenais plus à t'écouter parce que je ne faisais que m'interroger, mais tu m'as devancée.
