samedi 22 novembre 2008
Pursuit of happiness
Dans le creux de la nuit les bruits de la musique trop forte, les dépêches AFP à quatre heures du matin. Plus tard, café pâtisserie Le Monde sous le bras. Les yeux brûlaient les larmes ne venaient pas, pas dans le métro c'est la fatigue la solitude la peur l'angoisse. J'ai encore ri au restaurant, on nous a donné la même table. Avant de faire semblant d'avoir l'accent britannique il fallait écrire sur la constitution américaine et je séche tellement que je ne compte plus. Entre cake à la banane (ma vie est parsemée de gâteaux) et échange de DVD, il y a des jolis garçons dans le métro, ça faisait tellement longtemps.
Je voudrais me réveiller dans dix ans, pousser les portes avec des paquets de copie sous le bras, parler d'une jolie voix posée devant des rangées de tables, et je chercherais de mes élèves qu'ils aient dix quinze ou vingt ans ceux qui me ressemblent.
jeudi 13 novembre 2008
Maybe I'm amazed
Il n'y avait plus assez de chaises autour de la table ronde, entre anglais français et franglais, les rires pour rien et le paquet vide de Haribo. J'ai volé le dernier Schtroumpf et ils m'ont haïe. Mes phrases devant les Américaines ne sont plus bancales, et les comparaisons avec ces deux dernières années ne manquent pas. Tu rougis, mais tu ris beaucoup, c'est mignon. Alors on déplace les chaises (encore les chaises) à la bibliothèque on brasse un siècle d'histoire britannique en vingt minutes et on cherche des maisons hantées. Il n'y a plus de "je" toujours des pluriels, sauf le mercredi dans le métro à cinq heures, mais cela suffit. Vite encore un peu de vie.
mardi 11 novembre 2008
You got the silver you got the silver
Les cris résonnent trop fort sous les combles, sur le palier je devine qu'elle pleure sous sa frange, la petite reste silencieuse, la mère essuie ses larmes aussi. Je ne compte plus les fois où j'ai assisté à ces scènes de famille, en le croisant dans la rue il disait que je finirais par avoir la clé un jour, mais en attendant, je reste une étrangère, une voyeuse avec deux billets rouges dans son portefeuille.
Le silence se crée parfois assourdissant en pleine foule, plus rien n'existe sinon cette perception aigue de ces mêmes mots mêmes choses retour à la case départ. J'ai du mal à me regarder dans le miroir le reflet n'est pas vrai. Et en fermant les yeux j'ai repensé et j'ai été FAIBLE
vendredi 7 novembre 2008
Wandering around
Leur odeur toujours dans ma chambre. Il n'y a plus de honte, pas dans la poussière sur les étagères, ni dans le mélange hétéroclite de vêtements derrière la porte : pull en laine extra large et robe grise. Je n'y croyais pas, je me suis cru abandonnée une nouvelle fois. La surprise n'en est que meilleure.
Mercredi il y a eu une autre réconciliation devant du nougat chinois. Une heure avant, la colère restait le seul sentiment analysable. Chaque jour se façonne davantage la prof que je serai : et elle ne dira pas à ses élèves que c'est très bien pour ne leur mettre que treize.
Cette situation me laisse hésitante. La même semaine, j'ai eu la troisième note sous la barre des dix de mes années universitaires, un treize sur Giraudoux dans ce cursus de lettres qui ne me plaît presque plus. J'ai séché, hésité, raturé, rendu la moitié d'une version latine. En anglais, j'ai eu la meilleure note de chaque cours de civilisation. Avec du temps supplémentaire, cela frôlerait le vingt. Sans temps, on ne dépasse pas dix-huit et demi. Je pense carrière universitaire, je pense doctorat et les articles glânés ça et là sur la réforme des concours de l'enseignement m'attristent. Je n'ai pas besoin d'un oral sur le système éducatif français pour en avoir assez de la mythomanie de Fatoumata qui oublie son cahier chaque semaine ou pour constater les progrès en lecture de Diarata. "Elle" avait dit, tu es la seule de cette promotion à pouvoir aller jusqu'à la thèse. Je ne serai pas prof d'anglais en collège lycée, mais être chargée de td de civi britannique ou de littérature m'éblouit.
Une ampoule sur le majeur d'avoir écrit trop vite, une overdose de sucre, découverte de la meilleure pâtisserie du quartier, deux chocolats viennois en deux jours avec trop de crème qui déborde, le paquet de bonbons mercredi tous autour de la table, je maquille trop mes yeux pour masquer le vide qui pourrait s'en échapper. J'ai un peu perdu conscience de moi-même, je suis une bonne note et un cappuccino, une jupe noire et un sac plein, un parapluie bleu sous les gouttes et des larmes de fatigue. Impossible de réviser le latin ce matin : ligne quatre, Radiohead pendant quatre stations, Hallelujah pendant quatre autres. Le trajet était terminé.
Vous ne comprenez rien ? moi non plus je me laisse porter, deux pas en avant un en arrière mais toujours entre les sourires.
dimanche 2 novembre 2008
November Rain
Les sautes d'humeur sont douloureuses. Devant les tasses vides, mon reflet au fond du bar, et ses discours sonnaient vrai. Tu es trop gentille. Elle était belle, extravagante. Comme souvent je me suis sentie petite, banale. Jusqu'à la prochaine fois. Dans un recoin de la place de la République, le parapluie est resté fermé. Il nous faut un bientôt très vite.
