Les soupirs de la sainte et les cris de la fée

Je suis l'Alpha et l'Oméga

vendredi 31 octobre 2008

l'homme pressé

Alors cette semaine j'ai pris le temps de vivre, il ne faudra pas recommencer trop souvent. Lundi, nous étions six autour de la table ronde et la serveuse a ri de voir le seul garçon si bien entouré. Le goûter est devenu un rituel, de ces repères dont j'ai besoin pour jalonner les jours. Mardi le livre de civilisation britannique ouvert sur un banc en bois, le terrifiant exposé devant un public de mollusques, et le cours au premier rang, nous refaisions le plafond de la chapelle Sixtine sur des feuilles quadrillées. Mercredi j'ai fait le tour de la place dix minutes avant de partir, dépitée, consolée en achetant des livres. Mon coin secret au quatrième étage ne l'est plus. Jeudi c'est la rencontre à la bibliothèque et le latin bâclé, les déceptions de nouveau. Et aujourd'hui, c'est le cinéma (moitié Vicky moitié Cristina) et les rois de la guerre de cent ans. Je continue d'alterner euphorie et déprime sous les gouttes de pluie. En croisant les doigts pour que le voyage en Grèce se concrétise.

Posté par lethe à 21:03 - Florifère - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


samedi 25 octobre 2008

Interlude

Je n'avais pas compris que le temps est une denrée rare. La fatigue me rend volubile, je parle, je parle, je parle à des gens dont j'ignorais le prénom trois minutes auparavant. Trop de mots anglais restent dans mes phrases quand je m'extrais de cette ambiance studieuse, des rois britanniques, des présidents américains. Dans le métro, j'ai reconnu une fille de la promo, en dix minutes nous discutions des Chansons d'amour et de Flaubert. J'ai l'esprit toujours occupé à établir des ponts et des comparaisons, sauf entre 18 et 19h la tête se repose entre les bras en fond de cours sur la Bible.

Mardi soir, le boulevard illuminé, un thé aux fruits rouges. Je ne regarde même plus les statues en entrant dans la cour, ni les peintures des amphis, c'est devenu presque un dû. Le mercredi soir j'étends mes jambes devant une porte vitrée, de l'autre côté de la rue la façade a des devises latines, je lis Stendhal avec un paquet de Haribo. Trois étages et quatre couloirs pour aller au distributeur, et compter les cafés quotidiens ne serait pas une bonne idée (trois, quatre, cinq)

J'ai répété plusieurs fois avec un sourire que j'ai dix-neuf ans, il y avait douze livres dans mon sac jeudi (Histoire des Etats-Unis, Etude sur le théâtre de Victor Hugo, Etude sur le théâtre de Jean Giraudoux, la Lexicologie, L'imagination chez W. Blake, Lamiel, Démocrates et Républicains au XXe siècle, Gérard de Nerval, The Crucible, The Turn of the Screw, la Phonétique anglaise, Les romans de Jean Giraudoux) et je suis restée discuter avec ma maîtresse de petite section. Vendredi soir, dans le silence laissé après les enfants, ses boucles d'oreille m'ont griffé la joue quand elle m'a embrassée. Retrouver l'apaisement dans la voix de Morrissey, lire mes mails entre deux stations de la ligne 4, gribouiller des petits carreaux. Mais jeudi soir devant les versions latines le découragement tenait de l'abattement. Le noir ne cache plus les cernes violettes. Vous me manquez.

Posté par lethe à 10:00 - Florifère - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

jeudi 16 octobre 2008

Bribes

Mon humeur change entre les averses. Souvent, je me prends les pieds sur les pavés inégaux et manque de tomber, mais ce matin, on ne voyait plus le trottoir sous la couche de feuilles mortes. L'agenda est beaucoup trop rempli, je regarde attentivement le miroir et les cernes sont déjà là.

Il y a d'un côté un charme désuet, le boulevard Saint Michel, monté, descendu, remonté, est bien plus joli après dix-neuf heures qu'avant huit heures. J'y arrive il fait encore nuit, comme lorsque je pars. La mécanique du métro, des nombreux coups d'oeil sur la montre. Les amphis sans table, les cours assise par terre, agrégation cinq fois prononcé la même journée, la conversation avec la prof de grammaire en descendant les quatre étages, les photos des tableaux, piles de livres, cours à rattraper, cours séché, le café a une odeur de liquide vaiselle.

De l'autre, il y a cet amphi où le plafond est retenu par un filet, la solitude qui se remplit doucement, une autre conversation avec un prof de grammaire, les chapitres de vocabulaire, le café meilleur, l'alphabet arabe sur les hautes chaises, la nuit seulement le matin pas le soir. Le contraste est très fort, en une journée je me sens génie puis stupide.
Si possible, ce sera Erasmus l'année prochaine, en pays anglophone. On parle de mémoires devant la crêpe au chocolat, j'ai formulé Simone de Beauvoir, j'ai parlé grammaire aussi, ponctué le tout d'hésitations.

Je crains beaucoup cette année, je la pensais extraordinaire, mais elle ne sera que banale, je ne comblerai pas mes manques, le manque.

Posté par lethe à 13:46 - Florifère - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

dimanche 5 octobre 2008

Tomorrow

C'est la nuit qui tombe en plein jour, c'est la pluie qui fait tout ce bruit. Les fleurs de l'orchidée se détachent depuis déjà plusieurs semaines. Les livres restent fermés, la justesse des moments d'hier, les mots dans le métro, les vieux souvenirs fanés. D'autres déceptions (elle a souvent raison : "le délire narcissique ne marche pas avec moi") mais je ne parviens pas à m'y habituer. Demain il faut recommencer (en fait mardi, car demain est fait de visages connus) à demander comment tu t'appelles.

New dawn, new life. Mais pas les paroles suivantes.

Posté par lethe à 11:00 - Florifère - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

jeudi 2 octobre 2008

Message in a bottle

Facebook... l'ennui aura eu raison de ma résistance acharnée (bon en fait j'ai une idée derrière la tête, mais chut)
Du coup j'ai pas d'amis.

Posté par lethe à 15:39 - Bas-côté - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1