Les soupirs de la sainte et les cris de la fée

Je suis l'Alpha et l'Oméga

samedi 25 octobre 2008

Interlude

Je n'avais pas compris que le temps est une denrée rare. La fatigue me rend volubile, je parle, je parle, je parle à des gens dont j'ignorais le prénom trois minutes auparavant. Trop de mots anglais restent dans mes phrases quand je m'extrais de cette ambiance studieuse, des rois britanniques, des présidents américains. Dans le métro, j'ai reconnu une fille de la promo, en dix minutes nous discutions des Chansons d'amour et de Flaubert. J'ai l'esprit toujours occupé à établir des ponts et des comparaisons, sauf entre 18 et 19h la tête se repose entre les bras en fond de cours sur la Bible.

Mardi soir, le boulevard illuminé, un thé aux fruits rouges. Je ne regarde même plus les statues en entrant dans la cour, ni les peintures des amphis, c'est devenu presque un dû. Le mercredi soir j'étends mes jambes devant une porte vitrée, de l'autre côté de la rue la façade a des devises latines, je lis Stendhal avec un paquet de Haribo. Trois étages et quatre couloirs pour aller au distributeur, et compter les cafés quotidiens ne serait pas une bonne idée (trois, quatre, cinq)

J'ai répété plusieurs fois avec un sourire que j'ai dix-neuf ans, il y avait douze livres dans mon sac jeudi (Histoire des Etats-Unis, Etude sur le théâtre de Victor Hugo, Etude sur le théâtre de Jean Giraudoux, la Lexicologie, L'imagination chez W. Blake, Lamiel, Démocrates et Républicains au XXe siècle, Gérard de Nerval, The Crucible, The Turn of the Screw, la Phonétique anglaise, Les romans de Jean Giraudoux) et je suis restée discuter avec ma maîtresse de petite section. Vendredi soir, dans le silence laissé après les enfants, ses boucles d'oreille m'ont griffé la joue quand elle m'a embrassée. Retrouver l'apaisement dans la voix de Morrissey, lire mes mails entre deux stations de la ligne 4, gribouiller des petits carreaux. Mais jeudi soir devant les versions latines le découragement tenait de l'abattement. Le noir ne cache plus les cernes violettes. Vous me manquez.

Posté par lethe à 10:00 - Florifère - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

(Finalement pour le mardi 3 Novembre ou le lendemain peut importe ça peut être possible).

Posté par Kalenovsky., samedi 25 octobre 2008 à 10:35

Chaque livre ou presque a un écho ici. Pensées.

Posté par Mélie, lundi 27 octobre 2008 à 19:54

quelque chose me dit que je connais cette fille du métro :)

Posté par Grande Manon, vendredi 30 octobre 2009 à 21:11

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