mardi 30 septembre 2008
Good luck
J'ai un sale goût dans la bouche mais de trop belles images dans les yeux. Les amphis s'enchaînent, alphabet arabe sur un coin du bureau, énième café, la lettre à elle qui reste inachevée, les questions sur une autre elle, samedi après-midi à l'Olympe et deux cinémas lundi. Porte-monnaie délesté, cartes de bibliothèques, cours sur la littérature puritaine, ça paraît parfait, ça ne l'est pas, je ne veux pas ouvrir les yeux.
samedi 27 septembre 2008
Entre les murs
On en revient, avec La Belle Personne, à ces films sur l'école. Rire franchement pendant la première partie, mais trop inégale par rapport à la seconde. La barrière est franchie : je n'avais pas envie d'être ces élèves, mais bien celui qui leur faisait face. J'ai tout admiré, des murs peints en rouge aux clichés de la salle des profs, du CDI à leur patience. Je veux et j'ai peur à la fois.
Après, continuer à en parler devant une tarte chocolat/bananes. Le prof est-il humain ou dieu ? Je penche pour la première réponse, j'ai toujours été curieuse de leurs vies. Je compte sur les doigts d'une main celles (toujours des femmes) que j'ai admirées. Mais je suis moins sûre de moi. Oui, mais pas tout de suite, pas avant d'avoir un peu vécu.
Les estampes et paravents japonais semblaient bien lointains quand le bébé criait de toute sa voix dans l'obscurité de l'appartement. La petite s'est lovée contre moi instinctivement, les pleurs avaient cessé. A plus de minuit il faisait froid sur le canapé.
vendredi 26 septembre 2008
Die die die my darling
Et tout à coup accablée d'une nostalgie sans pareil, voulant recoller les morceaux cassés. Le miroir s'est brisé il y a longtemps déjà, plusieurs mois, mais depuis deux jours je me coupe en ramassant les bouts de verre. Les choses se sont concentrées, les journées paraissent multiples, cette année me terrifie.
Ce soir je dois m'occuper d'enfants, je n'ai jamais surveillé un bébé si petit, mes doigts en sang d'être rongés, quelque soit l'endroit où je me tourne, il n'y a qu'angoisse de tous les côtés.
mardi 23 septembre 2008
Coffee cup
Je tire des traits imaginaires, esprit toujours occupé scindé en cases d'une demi-heure, comment envisager le temps sans cheveux blancs ? Un peu de ressentiment, entre les rayonnages des livres j'ai modéré la vilaine curiosité. Le contact facile, le sourire aussi, le Monde de l'avant-veille et le Guardian qui tâche les doigts. Du bus la Seine l'Institut de France et le Louvre, toujours ce sentiment en traversant le fleuve.
J'avais oublié l'ordre des stations de la ligne deux, et relève la tête à chaque station de la quatre parce que je n'y crois pas. La maison de fous est mienne. Trop de sacs Gibert, trop d'escaliers, trop de papiers. Les flyers orange, en coller un sur le lampadaire avec Ben, six ans. Fermer les yeux, jambes en résilles trouées dans le RER terminus Gare du Nord.
lundi 22 septembre 2008
I can't get no satisfaction and I try and I try
Il reste des vérités qui font mal. Trop.
samedi 20 septembre 2008
Cocasseries
Des bottes à talons, une robe courte et un panier en osier. Dans le dit panier en osier, un cake aux pommes, seul moyen de le transporter à plat. Le lendemain, un baluchon de chocolat et deux boîtes de thé. Sinon, sinon, deux araignées en deux jours, les couloirs de la fac, la machine à café, Luxembourg-Auber dans les deux sens, un Corti à démassicoter, une lettre de Dublin, du retard de courrier, la petite carterie qui a fermé pour une agence de voyages.
Des bribes. Cette semaine, je voudrais du soleil, ce sont les dernières vacances avant décembre.
mercredi 17 septembre 2008
Certificat de scolarité
La feuille jaune dit : L3 de lettres modernes L1 d'anglais
Quand je me suis exclamé "je vous bénis !" à l'étudiante qui venait de m'inscrire, elle a ri. J'ai relu le papier, jusqu'à vouloir le sortir de sa pochette une heure plus tard, pour être bien sûre. J'ai un peu erré dans les couloirs pour chercher la cafétéria, mais sans succès. Assise sur un banc en pierre, j'ai savouré. 14 ans, j'attends le 80 en sortant du lycée et je lis Simone de Beauvoir. Quand je serais grande, j'irai à la Sorbonne. Il a fallu cinq ans, mais le rêve se rapproche chaque jour.
Il y a déjà des cases de noircies sur l'agenda et aucun emploi du temps adéquat pour le deuxième semestre. Cette année va être difficile, au moins autant qu'extraordinaire.
mardi 16 septembre 2008
Double decker bus
Mettre There is a light that never goes out, réfléchir longuement sur une autoroute espagnole pour conclure que c'est ma favorite des Smiths. Mais même à Paris, entre les immeubles et les lampadaires, fermer les yeux et n'écouter que Morrissey, jusqu'à faire taire les voix intérieures.
lundi 15 septembre 2008
I don't care if Monday's blue
Escalators, couloirs, RER A, RER B, escalators, boulevard Saint Michel, rue Soufflot (et sans même tourner la tête pour regarder le Panthéon). La Chapelle en travaux, les photos attendront. Portefeuille ouvert, sans réfléchir les couloirs, petite cour. Fermé. On entend derrière les portes des rires, des chaises qu'on déplace et le téléphone qui sonne. Et qui n'aura pas cessé de sonner pendant une heure sans que personne ne décroche.
Coup de téléphone qui restera muet (un de plus) et puis se promener jusqu'à presque la claustrophobie dans ces couloirs sans lumière naturelle. Assise en tailleurs sur un banc de bois, son rire était communicatif. Après, après, rien d'autre que de la mauvaise humeur, à m'entendre dire que ce n'est plus possible, et à déjà réfléchir à jongler jusqu'à vendredi matin, pour que tout soit prêt d'ici lundi dix heures. Lundi après-midi s'annonce souriant, mais en attendant, rouge de colère, six mails plus tard, je ne sais toujours pas de quoi sera faite mon année.
samedi 13 septembre 2008
La Belle Personne
Je crois que je suis passée de l'autre côté de la barrière, au début du film me disant que j'aurais voulu être de ces lycéennes avec leurs cheveux longs et leurs écharpes en laine à traîner au café au lieu d'aller en cours ; et puis au milieu s'est immiscée l'envie d'être professeur dans un lycée comme celui-ci, avec des arcades et des salles sans chauffage.
Et puis Chiara Mastroianni. Sinon, c'était inégal.
